Billet d’humeur: S’arrangia lou temp plu vitou que li gen .

Dina

Dina

S’arrangia lou temp plu vitou que li gen : Le temps s’arrange plus vite que les gens. (Proverbe niçois)

Voilà, l’été est là et il semblerait que la chaleur soit présente. On annonce des températures caniculaires en fin de semaine. Les alertes vont tomber comme pour nous rappeler que le soleil brûle, qu’il faut boire quand on a soif et que les personnes âgées sont vulnérables. Bref, rien de nouveau sous le ciel du sud, si ce n’est que l’eau a déjà été servie (pour l’apéro) et que nos vieux sont bien entourés dans nos campagnes (toute l’année). Pourtant, il semblerait que les coups de chaud ne datent pas d’aujourd’hui.

En effet, la semaine précédente a débuté avec la manifestation des maires ruraux pour lutter contre la mort des petites communes. Faisant appel à la solidarité des concitoyens, invités à manifester à leurs côtés, les « petits maires » nous expliquent le danger de la disparition de l’entité communale au profit d’agglomération de communes. Bien ! Les mairies n’auraient plus de pouvoirs décisionnaires, verraient disparaître leurs capacités budgétaires et ne seraient que relais auprès de l’administration préfectorale. Nous sommes tous sensibles à ce discours et sommes conscients que la proximité des échanges passe par les mairies.

Pourtant….j’ai lu le Nice-Matin, ce samedi et là j’ai pas tout compris !

Je vais essayer d’être simple. Le 20 juin 2015 a eu lieu le Conseil communautaire d’Alpes d’Azur à Puget-Théniers qui devait statuer sur la répartition des fonds alloués à la communauté de communes par chaque village. Peu importe le résultat du vote.  Mr Velay, Maire de Puget-Théniers, s’est abstenu de choisir, estimant que les décisions devaient être prises en conseils municipaux avant le vote en intercommunalité. Il n’obtint pas la majorité de son conseil et la répartition libre fût adoptée. Ce fût le seul maire de la CCA à demander à son conseil de choisir. Les autres maires ne prirent pas ce soin et votèrent sans concertation la répartition libre. Hormis la petite cuisine interne de chacun, où se dessinent nettement pouvoir et contre-pouvoir une question me vint à l’esprit ! Et là franchement cela m’inquiète car j’ai peur d’avoir la réponse.

Je vous livre ma question ; Si un maire peut prendre une décision budgétaire au sein de la communauté de commune concernant l’utilisation des fonds communaux sans consulter son propre conseil municipal, alors il annihile le pouvoir de ce dernier. Et, par toute logique, si le conseil municipal est inutile, il doit bien disparaître. Que fait-on des maires qui ne consultent pas leurs conseils ? Doit-on les faire disparaître ?

J’en conclue donc qu’il n’est pas utile de consulter les représentants élus de la population pour prendre une décision au niveau de la communauté de commune.

Serait- ce qui nous attend avec les projets de regroupements forcé de communes pouvant être instaurés par les préfets ou les futurs agrandissements de Métropole ? Les élus déléguant le pouvoir de les représenter à un unique individu. Que l’on m’explique alors, pourquoi ces derniers vont manifester pour défendre le pouvoir des petites communes ?

Quelque chose de plus personnel avant de partir en vacances. Jeudi 7h58, mon portable vibre.  

                             « Hier, aux alentours de 20h,  Jean nous a quitté, le jour de la St jean. Il avait fait le berger depuis l’âge de 14 ans, c’était une encyclopédie pour tout ce qui concernait le mouton, les plantes, un des derniers locuteurs de nos dialectes gavots. Avec Jean, je pouvais parler de toutes les estives de nos montagnes, il les connaissait toutes pouvait citer tous les bergers qui y avaient gardé depuis 60 ans. Jean était bon comme le bon pain, toujours une blague à raconter, quelqu’un qui aimait profondément les gens et la paix, il ne supportait pas que les gens se déchirent ou se disputent. Un grand anxieux Jean, pour ses moutons, pour le loup, pour ce pays où nos anciennes sociétés celles qui l’avaient connu se meurent peu à peu. Je pourrais en parler encore durant des lignes et des lignes, mais je suis un peu comme Jean, cette mentalité d’ancien berger qui fait qu’on est capable de parler de beaucoup de chose, sauf de ses peines. Jean est parti et laissera un grand vide «                                                                        Message de Mr Fonseca, son voisin.

Oui Jean nous a quitté. Il avait la froideur des gens de là-haut, Il était rude comme le climat de Dina et généreux comme sa nature. D’un geste, il signalait sa présence, peu de grands discours mais une présence. J’ai grimpé, ce jeudi-là, les derniers  lacets de Dina avec une légère angoisse. La présence du troupeau m’a rassuré. Son épouse, un peu plus loin était déjà entourée d’amis venus la réconforter. La solidarité n’est pas un vain mot. Elle était triste, bien sûr, mais digne, très digne. Il venait de partir mais sa présence était palpable. Il veille sur le plateau et c’est un sentiment agréable. Je suis monté, là-haut, tous les jours depuis. Je continuerai à tourner la tête à gauche en arrivant. Il y aura toujours quelqu’un pour nous accueillir. J’ai appris que les Jean de Dina ne sont pas des gens comme les autres.                                                                                                                                                   60 ans à garder les troupeaux, 50 ans de mariage avec Jeanine. Soyez sûr, que vous faîtes parti de notre mémoire commune. Le 17 juillet, Dina devient le théâtre de la nuit des étoiles. Nous sommes sûrs de pouvoir compter sur vous.
Merci à M.Fonseca de m’avoir permis de partager son hommage. Merci aussi à tous ces gens de là-haut qui sont bien vivants et que je me plais à servir tous les jours.



Catégories :Non classé