Madame Zoé David. 1908-1994

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Zoé David*, née le 12 janvier 1908, est la troisième fille de César et Marie David, une famille dont les ancêtres sont installés dans le canton depuis 1800.
Après avoir fréquenté l’école de son village Saint Léger, elle travaille quelques années dans les hôtels de la Côte, puis revient au village en 1936.
César David, son père, est maire de Saint-Léger de 1935 à 1945 et propriétaire de la pension de famille du village. Zoé David* occupe le poste de secrétaire de mairie.

Le village, d’une centaine d’habitants, accueillit, cacha et protégea une trentaine de réfugiés fuyant la milice et les nazis, dont 19 enfants et adultes Juifs.

Ces familles juives ayant fui Nice lors de la rafle de septembre 1943 ont pu, grâce à Zoé David*, être cachés dans les familles de ce petit village et éviter ainsi la déportation et une mort certaine.

Accessible uniquement par une petite route se terminant en cul de sac, l’entrée du village était gardée pendant la seconde guerre mondiale par le pont suspendu. La garnison allemande en poste à Puget-Théniers depuis 1943, n’osa jamais le franchir de peur de se voir coupés de leurs arrières par la destruction du pont.

Zoé David* parvient à placer les réfugiés juifs dans des familles, d’opinions politiques parfois différentes, mais toutes solidaires dans cette action de protection.
Les nouveaux venus s’intègrent très vite à la vie du village, payant leurs loyers et leur hébergement et aidant aux travaux des champs. Les enfants fréquentent l’école sans y être officiellement inscrits afin qu’il n’y ait aucune trace de leur présence.

Zoé David* jonglera avec les pièces officielles, remplaçant l’absence de cartes d’alimentation par des falsifications de coupons de mouture de grains ou autres autorisations d’abattage de cochons.

La population du village, mais aussi certains gendarmes, le facteur et la postière de Puget Théniers, mis dans la confidence, gardent le secret.

Les mois qui suivront, marqués par quelques alertes données par la postière de Puget et reçues par Zoé David* qui tient la cabine « là haut » seront relativement calmes et la Libération interviendra en août 1944.

Le secret ne fut jamais trahi ! Grâce à la solidarité et au silence des villageois, tous les réfugiés furent sauvés.

Paul et Sarah Schulmann, et leurs fils Henri, né le 2 mars 1930, et Léon, sont cachés à Saint-Léger. Henrien gardera un merveilleux souvenir tout comme des habitants de Saint-Léger qui se sont conduits de façon exemplaire. Il a retrouvé Zoé David* et Mme Barret qui les avait hébergés pendant la guerre et également son institutrice.
En 1989, Henri Schulmann s’est rendu à Saint-Léger pour la remise de la Médaille des Justes à Zoé David* et il n’y est plus jamais retourné.
Léon Schulman montera le dossier de reconnaissance et Zoé David* sera invitée en Israël en 1991. Décorée de la légion d’honneur en 1975, Zoé David* s’éteindra le 25 décembre 1994.

Zoé David* a été la première femme du département à être élue maire en 1945 et conservera ce poste sans discontinuer durant 28 ans.

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Article issu de « Juste parmi les nations »dont voici le lien..http://www.ajpn.org/juste-Zoe-David-784.html



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