La pyramide…de la colle !

La chronique historique de Marcel Brignoni.

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Alors que j’avais été gardé, un soir de dentiste, chez Marcel Brignoni, il me raconta une histoire dont, lui seul, a le secret. En train de faire mon devoir sur les pyramides, il me raconta, sans complexes, qu’il suffisait de faire quelques kilomètres pour les observer. L’Egypte à quelques kilomètres ? Je n’avais pas du graduer ma carte à la bonne échelle. Quelques jurons plus tard, il me raconta l’histoire des pyramides de la Colle saint Michel.

Il lui en fallait du culot pour m’assurer qu’il existait des pyramides à peu de pas de chez nous.L’histoire nous apprend que  Khéops, Khéphren et Mykérinos à Gizeh près du Caire ont fait érigé les plus grandes, les plus connues. Il y a bien la légende de celle de Nice. Mais La Colle saint Michel ?

Je rigolais doucement et par malchance…il l’a vu.

« Tu sais pitchoun, les pyramides ont traversé le temps. Il en existe plusieurs sortes et de toutes utilités. Mais celle de la Colle saint Michel n’eut qu’une seule utilité. Il faut se replonger dans le temps et le contexte de la création de la ligne du chemin de fer. Le percement du tunnel entre la Colle et Saint André ? Tu connais ? »

py3« Sur que je connais, Marcel..je ne serais pas là..sinon ! »

« Comment tu ne serais pas là ? Tu es né dans la pyramide ? »

« Mais non ! Mon arrière grand-père fût ingénieur sur la ligne et participa à la construction du tronçon Puget-Saint André Les Alpes.Mais ils ne m’ont pas parlé de pyramide! « 

« C’est sur que les anciens ne disent pas tout. Tiens note pour ton devoir. Sié un po calù avec tes égyptiens. Tu diras à ton prof que je lui en toucherais deux mots.

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Le tunnel de la Colle Saint-Michel a été percé à partir de ses deux extrémités, les deux galeries devant se rejoindre sous la montagne, à 1 018 m d’altitude, ce qui constitue quasiment le point culminant de la ligne Nice-Digne.

Pour s’assurer du bon alignement des deux galeries et l’exactitude de leur point de rencontre, d’importantes vérifications ont dû être mises en œœuvre. Il a fallu construire plusieurs points de visée, dont le principal est toujours visible au point le plus élevé de la montagne situé au droit du tunnel.

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py8On peut encore y voir une construction de quelques mètres de hauteur qui supportait l’instrumentation nécessaire. Comme de cette pyramide (qui servait aussi bien d’’observatoire que de mire) on ne peut voir l’entrée du souterrain ni du côté de Puget-Théniers ni de celui de Saint-André-les-Alpes, il a fallu construire de petites mires intermédiaires sur les montagnes qui font face aux deux têtes du tunnel. Les alignements étaient vérifiés régulièrement pendant le chantier, grâce à des miroirs de renvoi placés sur ces mires intermédiaires et c’est ainsi que les deux galeries se sont rencontrées exactement au point prévu.

Cette pyramide a probablement été construite en 1893, au moment où était dressé le projet définitif du tunnel et les galeries de sondage creusées. Alors tu vois pitchoun, les jeux de miroirs qui renvoient les signaux..ça sert encore aujourd’hui ! »

J’en restais…ébahi. Son récit semblait si crédible que je décidais d’en savoir plus. 

« Dis Marcel..elle est comment cette pyramide ? Il y a des gardes à l’entrée ? »

Il pris cela pour de la moquerie. Et s’offusqua.Il entreprit de me la décrire pour appuyer sa démonstration.

« La mire, qui a une forme de pyramide tronquée, est situé à 1 537 m d’’altitude et se trouve à un peu plus de 500 m au sud-est du hameau de la Colle Saint-Michel.

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Elle n’est pas implantée exactement au sommet de la montagne, mais à quelques mètres de là, dans une zone en légère pente. C’est pour cela que sa face nord est un peu plus haute que sa face sud. Au sol, elle représente un carré de 5 m de côté pour 4 m de hauteur. Sur son sommet se trouve un petit édicule cubique d’un peu moins d’un mètre de côté.

Sans doute l’endroit où ton arrière grand père venait poser ses instruments. »

Voilà, il était déjà 19h, je venais de boire les paroles de Marcel. J’étais parti sur les traces de mon arrière grand père, en 1900, lors du percement du tunnel. Il me fallait revenir au présent. Mais quand même, percer un tel tunnel avec de telles méthodes laisse croire, encore aujourd’hui, que le mot ingénieur a pour racine Génie !

py7Bien sûr que cette histoire de pyramide existe, même romancée. J’ai eu la chance de courir à travers le quartier des « ruines » situé à la sortie du tunnel, côté Saint André. Ce fût le quartier construit pour abriter les ouvriers durant la construction du tunnel. Un grand souvenir, pour un enfant peureux comme moi, qui n’eut, à cet endroit, jamais peur de me cacher derrière une vieille porte, une pierre instable au détriment de mes surveillants en colonie de vacances. Il reste ce principe que si vous savez d’où vous venez, vous saurez où vous allez. Avec cette certitude..qu’à 1537 m d’altitude, quelqu’un veillait sur moi.

En hommage à Monsieur Joseph André Allard qui eut le bonheur (j’espère..) de trouver dans sa mire Marie Joséphine Guigues qu’il mit sur la bonne voie, en l’épousant durant le chantier de construction le 14 avril 1904.

Source Wikipédia-http://dossiersinventaire.regionpaca.fr/

Mise en page : Infos Des vallées-octobre 2016



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