La chronique de Marcel Brignoni

La rentrée 1958 de Marcel.

providence

La rentrée approchait à grand pas et le Pitchoun était un peu inquiet à l’idée de perdre sa liberté. La mère du petit étant au travail, il passait ses dernières angoisses avec Marcel, son unique soutien dans ses moments difficiles où il fallait troquer pour neuf mois l’insouciance d’un paysan contre la servilité d’un élève.

« Dis Marcel, tu es vieux maintenant..mais tu as été à l’école. Tu me parles toujours des estives, de tes bêtes, de ton Dina….mais je me demandais comment c’était quand tu étais petit ? Tu as été petit ? »

 

« Oh Petit..tu irais jusqu’à me fâcher.Bien sur que j’ai été pitchoun. »

 

« Alors dis moi  Marcel, ton école ..elle était comment ? »

 

« Viens Petit, je te raconte…

J’allais avoir 7 ans au mois d’Octobre 1958, j’étais à la fois inquiet et joyeux d’aller à l’école.

Joyeux car j’allais y retrouver tous les copains du quartier qui sinon disparaissait de toute la semaine.

Mon école se trouvait au Vallon des Fleurs qui à l’époque était encore la campagne, sur ce chemin de l’école on pouvait encore croiser des vaches , des chèvres avec leurs chevreaux et même un âne.

Ce qui me faisait drôle, c’est que disposant d’une extraordinaire liberté d’aller et venir dans les ribes voisines, là on me mettait derrière une clôture.

Au début, j’étais impressionné, l’école se composait d’un bâtiment tout en rez de chaussé en maçonnerie et de deux baraquements préfabriqués militaires Adrian toujours peint en vert kaki.

 

ardoise

Ma première institutrice s’appelait Édith Bergondi ,. Les classes étaient mixtes. On s’essayait à l’écriture en copiant maladroitement sur nos ardoises ce que la maîtresse avait écrit au tableau noir. Et puis l’on commençait l’apprentissage de la lecture B et A font BA, B et E font BE, B et O font BO.

On dessinait aussi et on chantait, le petit oiseau. »

 

« Oh Marcel, tu parles d’Elise Bergondi, la femme de la résistance, l’assistante sociale ? »

« Oui Petit ! Celle là même du comité de libération de Nice mais Passons, ce n’est pas le sujet. »

 

Les yeux du petit s’étaient écarquillés. Une telle femme institutrice ! Le calme devait régner dans la classe de manière naturelle.

 

« Vas y Marcel, raconte encore… »

 

« La récréation était le moment de liberté et de défoulement, évidemment en dehors des jeux de jeunes agneaux, cavaler en groupe et se défier, l’amusement principal était de faire crier les filles.

3710117430_0c5535ee93Les filles jouaient à la marelle, et à la corde à sauter et nous nous jouions aux billes ou à la mourra.

Après tout comme avait dit un instit : « Au moins comme ça, ils apprennent à compter. ».

On avait droit aux bons points et au bout de 20 bon point à un buvard publicitaire.

 

Encrier-rond-avec-support-de-plume-384x270-FFFFFFL’écriture se faisait à la plume et à l’encre sur nos cahiers d’écritures, les encriers étaient disposés sur le haut de notre bureau pupitre dont le couvercle était mobile et nous permettait de dissimuler notre trésor.

Trésor constitué d’image, de soldat de plomb, de voitures miniatures, et de cailloux ou de bout de bois. Mois j’avais tendance à y stocker des cartouches et des balles car il ne traînait encore pas mal de vestiges de la guerre, mais surtout les restes de mes goûters. Ce qui fait qu’un jour je découvris une portée de souris qui s’y était installée. D’autres élevaient des orvets, voire des couleuvres.

J’avais toutefois du mal à supporter à l’heure de la récréation, les grilles et les clôtures, aussi un jour je piquais dans le garage de mon grand père une pince à couper les barbelés (souvenir de guerre) et j’entrepris de faire un trou dans la clôture pour aller jouer dans le pré au dessus de l’école.

On finit évidemment par se faire chopper, et nous eûmes droit à une heure de prison dans la cave de l’école. »

 

« Et bien dis donc Marcel, quelle histoire ! »

 

Texte de Marcel Brignoni.

Arrangement ; JM Pallanca

Pour Infos Des Vallées

 



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